Au moins 25 gouvernements censurent Internet. C’est ce que révèle un rapport préliminaire du groupe d’observation Open Net Initiative après avoir étudié 41 pays. YouTube, Skype et Google Maps font partie des victimes.
Si Internet peut être synonyme d’ouverture pour le monde, il peut également servir à contrôler l’information. Depuis quelques années déjà, des gouvernements développent des mécanismes de censure pour que certains sites ne soient pas accessibles à partir des connections Internet sur leur territoire.
Présumant qu’ils n’existent pas ou qu’ils sont hors d’usage, on bloque les sites jugés inappropriés. Certains gouvernements censurent “seulement” l’information sur des sujets tabous (pornographie, homosexualité, jeux de hasard). D’autres filtrent l’information sur des enjeux politiques précis (par exemple, la Corée du Sud bloque ce qui vient de la Corée du Nord). D’autres encore bloquent à peu près n’importe quoi qui pourrait contenir des propos peu reluisants à leur égard. C’est notamment le cas de la Chine, qui a fait l’objet de plusieurs critiques au cours des dernières années [1]. Une collaboratrice de l’APEM a d’ailleurs publié un article à ce sujet en avril dernier.
À l’échelle internationale, il n’existe pas de droit à l’information. Et il n’est pas surprenant que les citoyens n’ont généralement aucun moyen de se plaindre de blocages abusifs (ou “par erreur” ). L’Arabie Saoudite, l’Oman et les Émirats Arabes Unis sont parmi les rares pays qui offrent un tel mécanisme.
L’objectif du rapport de Open Net Initiative est donc de sensibiliser les citoyens et les gouvernements à la censure. Les auteurs font partie de groupes de recherche des universités de Cambridge, Harvard, Oxford et Toronto. Ils ont documenté et analysé les pratiques de censure dans une quarantaine de pays. Ils examinent les forces et faiblesses de la technologie utilisée, les considérations éthiques pour les entreprises qui la fournissent, la pertinence du droit international et les implications pour les réseaux d’activistes qui utilisent de plus en plus les nouvelles technologies pour rejoindre leurs sympathisants. Le rapport final du groupe d’observation est attendu à l’automne. À lire !
Liste des pays étudiés par l’ONI où Internet est censuré : Azerbaïdjan, Bahreïn, Birmanie/Myanmar, Chine, Éthiopie, Inde, Iran, Jordanie, Libye, Maroc, Oman, Pakistan, Arabie Saoudite, Singapour, Corée du Sud, Soudan, Syrie, Tadjikistan, Thaïlande, Tunisie, Turkménistan, Émirats arabes unis, Ouzbékistan, Vietnam et Yémen.
[1] à propos de la liberté d’expression et d’Internet en Chine : http://www.hrw.org/backgrounder/asia/china-bck-0701.htm
Publié sur le site Internet de l’Agence de presse étudiante mondiale le 20 mai 2007